POULET Joséphine Alexandrine 1813-1849
- gauthierlemaou
- 3 févr. 2022
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12 mois / 12 ancêtres, je vais extraire de notre arbre 1 ascendant dont le mois de naissance correspondra au mois de l’année.
Pour ce mois de février, c’est de Joséphine Poulet (Sosa : 91 des enfants) dont je vais vous parler. Sa vie bien courte n’a pas eu l’air d’être facile et son métier de plumassière m’a intrigué.

Elle est née à Orléans au 25, rue du four à chaux, le 3 février 1813. Fille d’Henry Epiphane Poulet, potier de terre et de Marie Louise Hulin, couturière. Ce n’est pas son père qui va la déclarer à la mairie mais la sage-femme et deux voisins.

Météo et dictons Quand février commence en lion, Il finit en mouton. 3 février : Saint-Blaise A la fête de Saint-Blaise Souvent l’hiver s’apaise Mais si vigueur il reprend Pour longtemps on s’en ressent. |

Sa jeunesse se passe dans une France perturbée suite à l’abdication de Napoléon 1er.
Elle rencontre Jean-Pierre Massette, originaire de la Meuse et s’installent au 3, rue de la caserne à Tours. Ils ne sont pas mariés lorsqu’elle donne naissance le 29 novembre 1844 à Pierre Gustave, son premier enfant. Elle a 31 ans et exerce le métier de plumassière. Malheureusement Pierre Gustave meurt le 21 janvier 1845, il n’a même pas deux mois.
PLUMASSIÈRE : Personne qui apprête des plumes notamment pour leur emploi ornemental, qui fait ou vend des ouvrages en plumes. |

Plumassier – Plumassière Extrait du Dictionnaire historique des Arts, Métiers et Professions d’Alfred Franklin Au treizième siècle, les prélats, les grands seigneurs portaient des chapeaux ornés, peut-être même formés, de plumes de paon. La consommation de ces plumes était assez grande pour faire vivre une corporation, celle des chapeliers de paon qui, vers 1268, présenta ses statuts à l'homologation du prévôt de Paris. À une date qu'il est impossible de préciser, mais qui est antérieure au seizième siècle, les chapelier de Paon avaient pris le nom de plumassiers. Leurs premiers statuts, octroyés au mois d’août 1577, furent révisés et renouvelés en juillet 1599 et en juillet 1659. Ils y qualifient les maitres de plumassiers-panachers-boutiquiers-enjoliveurs, et ils sont précédés d’assez étranges considérants. Les fils de maitre eux-mêmes ne peuvent ouvrir boutique et prendre apprenti avant l'âge de seize ans révolus. Ces statuts furent révisés, Presque sans changement, en 1692. Sous Louis XIV et les règnes qui suivirent jusqu’à la Révolution, les plumes figurèrent dans la parure des femmes et même des hommes. Elles devinrent, surtout à la fin du 18e siècle, l’objet d’une véritable passion. Aux termes de leurs statuts, les plumassiers avaient le droit de confectionner « toutes sortes d’habillements de tête », panaches, chapeaux et bonnets de mascarades, bouquets pour églises, toques, aigrettes, guirlandes pour carrousels, ballets et courses de bagues ; ils pouvaient teindre toutes espèces de plumes en toutes couleurs, les enrichir et enjoliver d’or et d’argent vrai ou faux. Ils employaient surtout les plumes d’autruche, de héron, de coq, d’oie, de vautour, de paon et de geai. Le nombre des maîtres plumassiers était de vingt-cinq à la fin du 18e siècle. Ils avaient pour patron saint Georges, dont ils célébraient la fête le 23 avril à l’église Saint-Denis de la Chartre. |
Toujours à Tours, le 7 octobre 1847 voit la naissance de sa fille Marie Caroline Herminie, mon aïeule. Ils ne sont toujours pas mariés et demeurent maintenant au 107, rue Saint Eloi.

Elle décède le 4 janvier 1849, soit 15 mois après la naissance de Marie Caroline, elle a 35 ans : « morte à 11 heures au petit hôpital Saint-Martin, 12 rue Saint-Pierre au vu du certificat de ce jour du médecin préposé aux inhumations ». Ce n’est pas Jean-Pierre, son compagnon, qui fait la déclaration mais deux témoins bien étranges. - Louis Bertrand Benjamin Edouard de la Savinière, 42 ans, négociant à Tours - Albert Hector d’Outremont, 24 ans, propriétaire à Tours

Complément d’information d’une généalogiste Tourangelle. Intriguée par la personnalité des témoins qui ont déclaré le décès, le père des enfants n'étant pas cité, j'ai cherché à savoir qui ils étaient. Cela ne vous servira probablement à rien, mais on ne sait jamais, parfois les témoins apportent un éclairage sur certains membres de la famille.
Je n'ai absolument rien trouvé sur ce Monsieur de La Savinière. Par contre l’autre témoin Albert Hector d'Outremont a un parcours assez intéressant. Il y avait à Tours un couple qui s'est marié le 31.05.1824, Simon Etienne CHAULET né le 16.1 1.1793 à Brignais (Rhône), fils de Marie Hector CHAULET et de Marie BOIVIN, l'épouse était Marie Eléonore Honorine MARCHANT née le 21.04.1804 à Strasbourg fille de Honoré René MARCHANT baron et ancien commissaire ordonnateur en chef, et de Marie Catherine de La Rebellière. Ce couple a eu deux enfants : Albert Hector né le 28.02.1825 Marie Albert Anselme né le 07.12.1826 Ces deux enfants ont été adoptés le 06.09.1846 par Anselme Louis comte d'Outremont dont l'épouse était Albertine de La Roche de La Rebellière. Lors de l’adoption des deux enfants leurs parents demeuraient à Bourg (Gironde). Jacqueline |
Peut-être une réponse à sa mort prématurée
Le métier de la plume, qui exigeait patience et minutie, était exercé par des femmes pour l’essentiel. Mais c’est une activité où l’on gagnait peu. Dans son ouvrage « Les ouvrières de l’aiguille (1895) », Charles Benoist se fait l’écho des conditions misérables de la plumassière : « même condition d'existence que chez les couturières, salaire de 1,50 francs à 5 francs, deux mois de morte saison ». D'après Paul Leroy-Beaulieu, dans « Le travail des femmes au 19e siècle (1888) », le temps travaillé représentait à peine 280 jours par an « si l'on fait entrer la maladie en ligne de compte ». Comme pour les autres métiers du textile, l'ouvrière était en outre abandonnée quand elle était vieille ou malade : « la clientèle pour laquelle elle a travaillé ne la connaît pas, l'atelier dont elle faisait partie l'a remplacée, personne ne s'occupera d'elle lorsqu'elle ne pourra plus se suffire à elle-même. C'est vraiment une organisation générale de la misère pour tous ceux qui travaillent et par là rendent services à la société. »
Or le risque de maladie était très fréquent car le traitement et le travail de la plume pouvaient générer de graves infections comme la « fièvre du canard » qui touchait souvent les trieurs de plumes lors du nettoyage. De plus, l'auteur de I’ ouvrage « Le travail des femmes au 19e siècle (1888) » dénonçait de grandes inégalités de salaires. Il mentionne une rémunération de 3.80 francs par jour pour un homme en 1858 alors que les femmes étaient payées pour le même travail a peine 1,60 francs.
Extrait de Nos Ancêtres Vie & Métiers
Elle me laisse de nombreuses interrogations. - Pourquoi ne s’est elle pas mariée avec le père de ses enfants ? - Pourquoi n’a-t-elle pas voulu reconnaitre ses enfants ? - Pourquoi est-elle morte si jeune à l’hôpital ? - Pourquoi son conjoint n’est-il pas présent à son décès ?
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